L’Union départementale CGT de la Sarthe tient à exprimer sa profonde opposition à l’annonce de la fabrication de drones militaires par Renault, sous contrat avec la Direction générale de l’armement, notamment sur le site du Mans. Ce projet marque une nouvelle étape dans l’orientation de notre appareil industriel vers une économie de guerre que nous refusons fermement.
Depuis ses origines, la CGT porte une exigence constante : le combat pour la paix et le refus de la guerre comme moteur économique. Produire des armes, et en particulier des drones offensifs conçus pour frapper et tuer à distance, n’est pas une activité industrielle comme une autre. Derrière les discours technocratiques et les éléments de langage soigneusement choisis, il s’agit bien d’armes de guerre, intégrées à des stratégies militaires offensives… mais aussi à des logiques de profits.
Car ne nous y trompons pas : si ces choix sont aujourd’hui encouragés, ce n’est pas pour l’intérêt général. La guerre est devenue un marché, et l’industrie de l’armement une source de rentabilité pour les grands groupes et leurs actionnaires. Sous couvert de « souveraineté » et de « défense nationale », c’est bien le Capital qui avance ses pions, trouvant dans les conflits et les tensions internationales de nouveaux débouchés lucratifs.
Le gouvernement tente d’imposer l’idée que nous serions entrés dans une « logique de guerre » à laquelle il faudrait se résigner. Cette vision est non seulement dangereuse, mais profondément mensongère. Il ne s’agit pas d’une fatalité économique, mais d’un choix politique au service d’intérêts économiques privés.
Un choix politique a été fait pour financer, planifier et sécuriser la production de drones militaires.
Un autre choix politique aurait très bien pu être fait.
Ce même volontarisme aurait pu servir à relancer l’industrie française autour de productions utiles socialement : par exemple la conception et l’assemblage d’un véhicule simple, robuste, peu coûteux, répondant aux besoins de mobilité de la population, compatible avec les enjeux environnementaux, produit en France et accessible au plus grand nombre. Mais ce type de projet, pourtant indispensable, rapporte moins vite et moins sûrement aux marchés financiers que l’économie de guerre.
Quand il s’agit d’armement, l’État sait lever les verrous budgétaires, garantir les commandes sur dix ans et sécuriser les profits. Quand il s’agit de répondre aux besoins de la population, on nous parle de contraintes, de coûts et de compétitivité. Ce double discours en dit long sur les priorités réelles.
Dans ce contexte, l’Union départementale CGT de la Sarthe tient à apporter tout son soutien au syndicat CGT Renault du Mans, qui a eu le courage de dénoncer publiquement ce projet. Ce courage est d’autant plus remarquable qu’il s’exprime dans un contexte économique et social anxiogène, où la peur de perdre son emploi est instrumentalisée pour faire accepter l’inacceptable.
Oui, une nouvelle activité peut apparaître comme une bouée de sauvetage. Mais la production de drones militaires est un leurre social. Elle ne vise pas à sécuriser l’emploi à long terme, mais à adapter l’outil industriel aux besoins du Capital, aujourd’hui tourné vers l’armement. Les salarié·es sont sommés de s’adapter, pendant que les décisions stratégiques échappent toujours davantage au contrôle démocratique.
Faire croire que l’économie de guerre sauvera l’emploi est une illusion dangereuse. L’histoire montre que ces choix se font toujours au profit des actionnaires, jamais durablement au bénéfice des travailleurs. Lorsque les marchés se déplacent ou que les choix dictés par le Capital évoluent, ce sont les salarié·es qui sont sommés d’en payer le prix, sauf lorsqu’ils s’organisent pour imposer d’autres orientations.
Les salarié·es de Renault Le Mans disposent d’un savoir-faire industriel reconnu. Ils et elles méritent des projets porteurs de sens, répondant aux besoins de la population et non aux exigences d’une rentabilité construite sur la guerre, la peur et la destruction.
L’Union départementale CGT de la Sarthe revendique :
- une politique industrielle affranchie des logiques du Capital,
- la relocalisation de productions utiles socialement et écologiquement,
- un contrôle démocratique des choix industriels,
- le refus de la transformation des entreprises de la filière automobile en sous-traitantes de l’industrie de guerre.
Relancer l’industrie française ne passera pas par l’économie de mort.
L’emploi durable ne se construira pas sur la guerre.
L’industrie doit servir les peuples, pas les profits.
L’Union départementale CGT de la Sarthe restera pleinement mobilisée aux côtés des salarié·es et de la CGT Renault Le Mans pour défendre l’emploi, la paix et le progrès social.
